5 sons oubliés pour briller en société

Ces 5 sons-là, on ne les trou­ves pas partout. Alors que le rap est devenu la musique la plus écoutée par les français (IFOP), il reste des chefs‑d’œuvre trop mécon­nus, vic­times d’un mau­vais lance­ment ou sim­ple­ment noyés dans l’océan des sorties.
Cette semaine, In Da Klub a sélec­tion­né pour vous cer­tains d’en­tre eux. Alors voici quelques tracks pour briller en société, à décou­vrir pour se régaler.

 

1

Lim — Tous Illicites [45 Scientific] (1999)

Élaboré dans l’u­nique but de sor­tir l’al­bum culte de Lunatic Mau­vais œil, le label 45 Sci­en­tif­ic a vite su se muer en  pio­nnier du rap indépen­dant en France. Pour répon­dre à la méfi­ance et l’in­dif­férence des majors, le label est l’un des pre­miers a com­pren­dre le pou­voir des réseaux soci­aux. Si, pour les fon­da­teurs de 45 Sci­en­tif­ic (Géral­do, Boo­ba Ali et JP Seck), Inter­net reste quand même plus effi­cace pour l’image de mar­que que pour le chiffre d’affaires, la mix­tape éponyme de leur pro­jet est le sym­bole de cette affir­ma­tion: un suc­cès com­mer­cial mod­éré pour un suc­cès d’es­time certain.

Au sein de la mix­tape sor­tie en 2001, le son « Tous Illicites »  de Lim est un emblème du pro­jet. Som­bre, cru et libre, le track 8 de la com­pi­la­tion embrasse l’esthé­tique d’une page de l’his­toire du rap français que l’on a mal­heureuse­ment trop ten­dance à négliger.

 


2

Kendrick Lamar - Untitled 02 | 06.23.2014. [Top Dawg Entertainment] (2016)

« Dans l’exé­cu­tion, unti­tled unmas­tered. est aux antipodes de The Life Of Pablo de Kanye West — c’est une déc­la­ra­tion dis­crète d’un artiste qui n’a que peu de choses à prou­ver en ce moment. »  écrit Kris Ex dans une cri­tique sur Pitch­fork. Si l’on donne rai­son à ce dernier, alors « Unti­tled 02 | 06.23.2014. » fait fig­ure d’ex­cep­tion dans cette drôle de col­lec­tion de démos inédites*. Une pro­duc­tion inspirée, une influ­ence free jazz assumée et des paroles trou­blantes: voilà la recette d’un son unique qui nous rap­pelle que le las­car des Black Hip­py est déjà une som­mité du Hip-Hop.

*Les démos sont issues des ses­sions d’enregistrement de « To Pimp a Butterfly »

 


3

Lil Uzi Vert — Neon Guts (feat. Pharell WIlliams) [Atlantic Records & Generation Now] (2017)

L’in­stru démarre. Le beat se répète 1, 2, 3, 4 fois: pas de doute, c’est bien Phar­rell Williams à la pro­duc­tion. Porté par un superbe visuel de Robin Vel­ghe, le track « Neon Guts » est une preuve que le rap peut être min­i­mal­iste et écla­tant.  Chaque syl­labe est ani­mée, élec­trise les hauts-par­leurs. Lil Uzi et Phar­rell for­ment un red­outable tandem.

Le dernier pro­jet du rappeur de Philadel­phie, Luv Is Rage 2, est un con­cert d’é­mo­tions. « Neon Guts » est cette oasis lumineuse qui vient y apporter un peu d’in­sou­ciance. Une frian­dise à con­som­mer sans modération.

 


4

Big Boi — Shine Blockas (feat. Gucci Mane) [Def Jam Japan] (2010)

Dans le rap, il est d’usage que chaque célèbre duo ait un artiste perçu comme légère­ment inférieur à l’autre. NTM? Kool Shen. Lunatic? Ali. Mobb Deep? Hav­oc. La liste est aus­si longue que cru­elle, car par­fois, cer­tains MC ne méri­tent pas de rester dans l’om­bre de leur acolyte. C’est le cas de Big Boi, éclip­sé des pro­jecteurs par André 3000, qui, pour son début en solo avec l’al­bum Sir Lucious Left Foot, réalise une per­for­mance digne des plus grands.

« Shine Blockas », en fea­tur­ing avec Guc­ci Mane est la sub­lime con­ju­gai­son d’un beat puis­sant et du tal­ent inné des deux rappeurs sud­istes. Grâce à un sam­ple ingénieux de Harold Melvin & the Blue Notes, Big Boi exprime sa créa­tiv­ité avec une justesse incomparable.

 


5

Jorrdee - La Regarde et Remercie Dieu [DANNY] (2015)

Je n’ai jamais caché mon admi­ra­tion pour Jor­rdee (voir l’épisode 7 de la sai­son 1 d’In Da Klub), un artiste aus­si insta­ble que tal­entueux. Pour son deux­ième album, le rappeur lyon­nais pousse l’ex­péri­men­ta­tion tou­jours plus loin, et c’est ren­ver­sant. « La nuit avant le jour » est un album aus­si codéiné qu’in­spiré, une valse de spleen trop ignorée à qui le temps ren­dra sûre­ment justice.

Dans le pro­jet, « La Regarde Et Remer­cie Dieu » est un morceau qui s’im­pose comme un argu­ment d’au­torité con­tre tout ceux qui pensent que le rap français manque de fig­ure nova­trice. Une énergie sans lim­ite, libre de toute éti­quette, comme Jor­rdee le dit lui-même: « Je ne vais pas me restrein­dre parce que je suis un rappeur. »  (RdvOKLM). Vive le rap français.

 

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