[Dossier] Ty Dolla Sign, le code de triche du featuring

Le 23 octo­bre est sor­ti le nou­v­el album de Ty Dol­la Sign inti­t­ulé Fea­tur­ing Ty Dol­la Sign. Le titre faisant référence aux excel­lents feats qu’a pu nous don­ner l’artiste depuis son dernier album Beach House. Pour fêter ça, je vous ai dis­séqué les meilleurs feats de Dol­la Sign pour pré­par­er votre écoute de l’album ou pour con­tin­uer sur votre lancée.

Vous avez for­cé­ment enten­du par­ler de Ty Dol­la Sign (Ty$), ce rappeur/chanteur de Los Ange­les qui hante le top 40 de ses refrains chan­tés pour n’importe quel artiste prêt à lui laiss­er une place. Cepen­dant, en fea­tur­ing, le tal­ent du rappeur est mal­léable : il existe trois Ty$ dif­férents, que j’ai essayé de vous dégager en choi­sis­sant trois types de feats.)

Une « garniture vocale »

La pre­mière util­i­sa­tion de Dol­la Sign dans les feats peut être décrite comme une « gar­ni­ture vocale ». Je m’explique : dans l’out­ro de Col­or­ing Book, deux­ième album de Chance The Rap­per, la dernière phrase « Are you ready for your bless­ings » est chan­tée par sept artistes dif­férents et pour­tant la voix de Ty$ est la plus forte, ajoutée à la chan­son comme on ajouterait des herbes de provences. Elle n’est pas majeure, mais elle lie remar­quable­ment le tout. D’autres exem­ples sont trou­vables dans « It’s a Vibe » de 2Chainz, où les cinq artistes ont presque le même temps de parole, et pour­tant Ty$ se démar­que énormément.

Le meilleur exem­ple reste sur « Freeee » de Kids See Ghosts. Dol­la Sign accentue le cou­plet de Kanye West (fréquent col­lab­o­ra­teur de Ty$) avec de mag­nifiques vocalis­es et des cris qui per­me­t­tent d’assaisonner, de don­ner du piquant au titre. Promis, j’en ai fini avec les métaphores culinaires.

L’art du refrain

Le deux­ième type d’in­ter­ven­tion de Ty$ dans les sons est la plus courante et la plus effi­cace : le refrain. Ty maîtrise sa voix et les refrains comme peu de chanteurs de RnB savent le faire. Il est présent et remar­quable sans trop en faire, il se rend indis­pens­able sans pren­dre la place de l’artiste prin­ci­pal. L’exemple le plus récent se trou­ve sur « Hit Dif­fer­ent », le dernier sin­gle de SZA pro­duit par The Nep­tunes, qui implique déjà beau­coup de tal­ents. Pour­tant, le refrain, court de deux mots, n’aurait pas été aus­si bien chan­té par quelqu’un d’autre que Dol­la Sign. Sza a une des plus belles voix du RnB actuel et Ty amène un ténor très impor­tant dans le titre.

L’exem­ple le plus sig­ni­fi­catif se trou­ve dans un des meilleurs titres du défunt Mac Miller : « Cin­derel­la ». Ty Dol­la Sign chante sur l’instrumental avec une voix cassée qui change de la tonal­ité plutôt claire qu’elle a d’habi­tude. Elle se marie ain­si par­faite­ment avec la voix brisée de Mac. Cette chan­son est l’une des plus belles rap d’amour, chan­tée par deux artistes extrême­ment crus. Et si vous avez enfin réus­si à faire le deuil d’un des meilleurs artistes de la dernière décen­nie, je vous con­seille forte­ment son NPR Tiny Desk Con­cert, où Mac Miller per­forme ce titre accom­pa­g­né par Ty Dol­la Sign et Thun­der­cat. La larme à l’œil est inévitable.

Du featuring pur

La troisième force de Ty est le fea­tur­ing avec cou­plet .C’est bien dans ces moments qu’il brille le plus. Une de ses col­lab­o­ra­tions les plus intéres­santes est pour moi son com­bo refrain-cou­plet sur « Bless­ings » de Lecrae. Les sujets des chan­sons de Ty, même en fea­tur­ings, sont majori­taire­ment grivois, mais la reli­gion est sou­vent abor­dée dans ses sin­gles (on a déjà une chan­son avec le même titre, Bless­ings de Chance, et sujet dans la liste pour preuve) Sa vision de la reli­gion reste sou­vent liée à la réus­site, mais ce titre-ci est dif­férent : au-dedu suc­cès des artistes, la chan­son par­le d’amour, de liens famil­i­aux et surtout de l’im­por­tance de rester hum­ble dans ces sit­u­a­tions, chose rare dans la discogra­phie de Dol­la Sign. On a donc un sujet rarement abor­dé, mais extrême­ment bien exé­cuté avec un cou­plet mi rap­pé, mi chan­té, et un refrain entrainant et très bien écrit. La totale.

D’autres très bons exem­ples de feats par­faite­ment réal­isés sont trou­vables sur « OTW » de Khalid avec 6lack, trois artistes qui ont prou­vé leurs tal­ents de chanteurs, et de rappeurs pour 6lack. Le plus évi­dent reste son cou­plet sur « Psy­cho » de Post Mal­one où son effi­cac­ité lui a amené une dizaine de cer­ti­fi­ca­tions pla­tine à tra­vers le globe.

J’aurais pu citer ses feats fréquents avec YG, Jere­mih ou Wiz Khal­i­fa, mais après tous ces exem­ples, je pense avoir prou­vé que Ty Dol­la Sign est un artiste élas­tique qui mérite ses honneurs,même s’il a l’air de s’en charg­er tout seul à tra­vers son dernier album. À juste titre.

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