[Le choix de la rédac] Wunna : un bijou de plus pour le rap outre-Atlantique

En ce 22 mai 2020, c’est au tour de Gun­na de nous dévoil­er son tout dernier album : Wun­na. Un sec­ond pro­jet pour le rappeur, qui n’a pas hésité à inviter du très beau monde comme Travis Scott, Young Thug, Lil Baby ou encore Rod­dy Ricch.

Le rap d’At­lanta est en pleine ascen­sion, et ce grâce en par­tie à un de ses nat­ifs : Gun­na. Orig­i­naire de Col­lege Park, le petit pro­tégé de Thug­ga ne cesse de gravir les éch­e­lons depuis ces qua­tre dernières années ! Avec son pre­mier album Drip or Drown 2, vendu à plus de 90 000 exem­plaires en une semaine, Gun­na affirme de plus en plus son statut de jeune prodi­ge en nous dévoilant ce deux­ième opus. Pour accentuer un peu plus sa cotz auprès de ses audi­teurs, il n’a pas hésité à utilis­er les grands moyens et faire appel à Travis Scott, Young Thug, Rod­dy Ricch ou encore Lil Baby. 

« I want people to understand that I’m a real artist.”

Etre con­sid­éré comme un vrai artiste peut être dif­fi­cile pour un rappeur comme Gun­na, qui est recon­nu comme étant très effi­cace en fea­tur­ing, mais pos­sé­dant finale­ment peu de pro­jet en solo. Faire par­ti des rappeurs les plus recher­chés dans l’in­dus­trie du Hip Hop à des fins col­lab­o­ra­tive peut avoir des avan­tages comme des incon­vénients. C’est donc en voy­ant plus grand et en voulant démon­tr­er l’in­té­gral­ité de son tal­ent que notre rappeur a soigneuse­ment pré­paré son sec­ond album inti­t­ulé Wun­na. Un pro­jet pour lequel il a vrai­ment pris son temps pour aller plus loin : la cov­er, les clips, l’esthé­tique, les prod, bref, tout va ensem­ble. Plus qu’un album, c’est son univers que Gun­na a voulu ici partager.

Crédits pho­to : Urban Fusions

Gunna is Wunna, Wunna is Gunna

Basé sur le thème de l’as­trolo­gie, l’al­bum racon­te le lifestyle du jeune rappeur, sou­vent tirail­lé par son alter ego que serait Wun­na. Ici, Wun­na ne dévoile pas vrai­ment un côté encore incon­nu de Gun­na, mais plutôt la riche super­star qu’il est devenu.

Jets privés à Maui, femmes aux fessiers plutôt généreux, 150 000 $ par spec­ta­cle, VLONE per­son­nal­isé… Tout cela inter­prété par son mur­mure chaud, grog­gy et mélodique, ce qui donne tou­jours l’im­pres­sion qu’il vient juste de se réveiller d’une sieste rafraîchissante d’après-midi. Mal­gré des lyrics peu tran­chants, Wun­na reste une expéri­ence d’é­coute trans­porteuse, due en grande par­tie aux instru­men­tales de Tur­bo ou encore Wheezy, qui co-exis­tent en par­faite har­monie avec la voix apaisante de Gun­na.

Gunna & Young Thug

Crédits pho­to : Prince Williams/Wireimage

Les rythmes de Wun­na soulig­nent l’ex­trav­a­gance envieuse et le con­fort du style de vie de Gun­na. Beau­coup de ces rythmes rap­pel­lent la retenue, la flot­ta­bil­ité et les bor­ds doux de Young Thug’s Barter 6. Ce qui n’est pas éton­nant lorsqu’on con­nait la rela­tion entre les deux rappeurs, Gun­na étant le petit pro­tégé de Young Thug.

La plu­part des moments mar­quants de Gun­na ont été des col­lab­o­ra­tions. « Sold Out Dates » et « Drip Hard­er » ont fait de lui et Lil Baby de plus grandes stars, et la présence de Thug a per­mis cer­tains de ses plus beaux moments et de ses plus grands suc­cès (comme « 3 Head­ed Snake », « Surf » ou encore « Hot » avec Travis Scott). Sans sur­prise, les deux longs-métrages de Thug sur Wun­na coïn­ci­dent avec deux des vedettes de l’al­bum, « Dol­laz On My Head » et « Far ». Sur « Far », le son qui clôt l’al­bum, Thug dou­ble Gun­na sur le refrain. Comme si ils étaient faits l’un pour l’autre, l’as­so­ci­a­tion de Thug au jeune génie qu’est Wun­na n’ont jusqu’au aujour­d’hui jamais déçu!

« Dol­laz on my head » feat Young Thug :

Gun­na racon­te lors d’une inter­view pour High­sNo­bi­ety la créa­tion de ce son :

« We did that song in LA. Me and Thug real­ly work well togeth­er, it was easy. This song was easy. »

L’idée du refrain lui venant tout bête­ment, lorsqu’il a enten­du que l’on met­trait sa tête à prix. C’est comme cela qu’il a com­mencé à fre­donner « Dol­laz on My Head » avec Thug et le morceau à vu le jour, aus­si sim­ple­ment que ça.

Le sec­ond feat avec Thug­ga inti­t­ulé « Far » sera d’ailleurs l’un des préféré de Gun­na, de par sa pureté et sa vibe. Vibe directe­ment inspirée par ses fans les plus fidèles qui le suiv­ent depuis le début. Comme si tout ce qu’il avait fait était déjà loin der­rière lui, ils chantent avec mélan­col­ie ensem­ble, se sou­venant d’amis morts ou en prison et appré­ciant donc le chemin parcouru.

Un album qui fait voyager

18 morceaux pour 50 min­utes d’é­coute, c’est le for­mat choisi pour cet album. C’est la pro­duc­tion, plutôt que Gun­na, qui dicte les dif­férentes ambiances de l’al­bum, qui appa­rais­sent presque comme des fluc­tu­a­tions saisonnières.

«Argen­tine» et «Met Gala», tous deux pro­duits par Wheezy (qui a d’ailleurs décroché 10 crédits de pro­duc­tion sur Wun­na), évo­quent incon­testable­ment un été chaud et lan­goureux. Le sin­gle « Sky­box », en ape­san­teur, pro­duit par Tau­rus, évoque plutôt le print­emps avec des syn­thés qui volti­gent comme des col­ib­ris. Ce son sera d’ailleurs clipé et cor­re­spon­dra par­faite­ment au thème de la musique puisqu’on retrou­ve notre rappeur en pleine air dans une mont­golfière, ce qui donne des plans plutôt atyp­iques.  «I’m On Some», pro­duit par Wheezy et Tur­bo, est quant à lui plus sobre, cav­erneux, évo­quant le silence hivernal. 

Après « Argenti­na » vient « Gim­mick », un titre dans lequel les gross­es bass­es s’as­so­cient au flow hachuré de l’artiste. Ce son a été pro­duit en Jamaïque. La moitié de l’al­bum sera d’ailleurs enreg­istrée là bas, Gun­na recher­chant un endroit dans lequel il n’avait encore jamais été afin d’y puis­er une nou­velle sorte d’in­spi­ra­tion. « Mon­ey On The Way » arrive ensuite, une musique qui racon­te le lifestyle du rappeur : « Me talk­ing about shit that we doing » rap­porte-t-il sur High­sNo­bi­ety. Puis il est temps de pull up avec « Feign­ing », un son qui retran­scrit bien la vibe d’At­lanta, dans laque­lle on ressent l’in­flu­ence de Future. Vient « Addys », un son que Gun­na porte par­ti­c­ulière­ment dans son cœur car il s’ag­it d’un feat avec son ami d’en­fance Nechie. 

Suite à  « Sky­box », arrive « Wun­na », un des sons phare de l’al­bum puisque celui-ci portera son nom. On sent que Gun­na voulait juste s’a­muser en faisant ce titre, juste kif­fer, s’im­prégn­er de la vibe. D’ailleurs, il ne pen­sait pas que l’al­bum porterai son nom, mais lorsqu’ils ont réal­isé le clip ils se sont ren­du compte que « Wun­na » regroupait en réal­ité tous les thèmes de l’al­bum. Gun­na est chill, il n’en fait pas trop, con­traire­ment à son alter ego Wun­na, qui est quant à lui plus spon­tané. Comme une autre par­tie de lui qu’il ne voulait pas vrai­ment dévoil­er jusqu’a présent, Wun­na est désor­mais sa source d’inspiration.

« Rock­star Bik­ers & Chains » est claire­ment LE titre qui retran­scrit le sen­ti­ment actuel de notre rappeur, c’est à dire se sen­tir Rock­Star comme il l’ex­plique sur High­sNo­bi­ety  :

« When I start­ed to feel like a rock­star? By my shows, by my fans. I got all kinds of fans of dif­fer­ent races, and they all rage and they all turnt, and they want to have fun to my music. I like that, see­ing that on stage, I feel like a rockstar. »

Enfin, « Nasty Girl / On cam­era » est égale­ment très intéres­sant musi­cale­ment par­lant car il s’ag­it en réal­ité de 2 titres séparés que Gun­na a finale­ment décidé de rassem­bler pour n’en for­mer plus qu’un sur l’al­bum. Le thème du morceau est assez trans­par­ent, tout comme la sec­onde par­tie du morceau qui a été clipé :

De grands invités

Un des autres points forts de cet album sont bien évide­ment les feats. On a déjà par­lé de Young Thug un peu plus haut, donc lais­sons place main­tenant à Lil Baby, Rod­dy Ricch et Travis Scott.

C’est sur « Blind­fold » que Lil Baby sera invité. Un titre enreg­istré à L.A et sur lequel il n’y a pas grand chose à dire hormis le fait que cette col­lab­o­ra­tion donne lieu à un son très effi­cace, comme d’ailleurs tous les autres feats que les deux jeunes rappeurs ont déjà pu faire ensemble.

Crédits pho­to : HNHH

Rod­dy Ricch sera l’in­vité de « Cool­er Than a Bitch » et apportera une vraie touche de fraîcheur au titre, avec un flow qui est dif­férent de ce qu’on peut enten­dre d’habi­tude mais qui se cale par­faite­ment sur l’in­stru. Egale­ment enreg­istré à Los Ange­les, on ressent encore une fois toute la vibe d’At­lanta à tra­vers ce morceau.

Mal­gré tout ce beau monde, Travis Scott reste le GOAT et sera l’in­vité pres­tigieux du morceau « Top Floor ». Celui-ci sera d’ailleurs choisi pour annon­cer la sor­tie de l’al­bum et claire­ment c’est un suc­cès : en plus d’être un banger, il s’ag­it du titre le plus streamé de tout l’al­bum. Pas éton­nant étant don­né la côte du rappeur Travis Scott qui ne cesse de mon­ter en flèche! La pro­duc­tion de Tur­bo fait penser au célèbre titre « Hot » où on retrou­ve les mêmes mim­iques, que ce soit au niveau du beat ou des bacs, ce qui recrée en quelque sorte la même ambiance. 

Un second album réussi ?

Si on adhère à la Wun­na’s vibe, il est clair que cet album est une vraie réus­site. Que ce soit au niveau des pro­duc­tions, du flow, des invités ou de l’am­biance générale qui se dégage du pro­jet, tout est au ren­dez-vous. Gun­na réaf­firme pleine­ment son statut d’artiste avec un grand A, puisqu’il vient de nous offrir un bijou indis­pens­able pour la chaleur de cet été!

 

 

Lisa Vizor

Auteur: Lisa Vizor

Rédactrice pour In Da Klub. Je bouge la tête de haut en bas depuis l’époque du MP3, j’ai grandi avec tonton Guizmo, l’entourage et toute la clique. J’ai dû attendre le niveau A2 en anglais pour m’intéresser au rap US lol. Tupac, Snoop ou encore 50 Cent font partis de mes réf, même si la nouvelle génération a su me procurer quelques orgasmes auditifs. - Rest in peace Peep

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