Zamdane a Marseille dans le sang

Arrivé en France à l’été 2015, Zam­dane est l’un des joy­aux de la scène rap mar­seil­laise. Sa prox­im­ité avec la ville qui l’a accueil­li s’impose comme l’une de ses mar­ques de fab­rique. Spot­light sur un jeune artiste pour qui tout (re)commence.

Plus de 30 ans après, les vibes d’IAM réson­nent tou­jours dans le quarti­er du Cours Julien à Mar­seille. C’est aux alen­tours des années 1986 que le groupe iconique fait ses pre­miers pas sous le sobri­quet de Live­ly Crew. Une inspi­ra­tion pour le flot inin­ter­rompu d’artistes qui vont naître dans la cité phocéenne. Jul, SCH, Lacrim, les Psy 4, l’Algérino,… De nom­breux exem­ples à suiv­re pour les jeunes rappeurs qui ten­tent de se fray­er un chemin dans la jun­gle de la scène mar­seil­laise. Et si notre héros n’est pas né à Mar­seille, il con­sid­ère sa ville d’accueil comme le point de départ de sa carrière.

Débar­qué depuis Mar­rakech tout seul à 17 ans, Zam­dane n’a mis que très peu de temps à s’acclimater. « […] Quand je suis arrivé à Mar­seille, j’ai vu beau­coup de sim­i­lar­ités avec le bled. Que ce soit au niveau de l’ambiance, de l’atmosphère, de la météo. » racon­te-il à Onze en mars dernier. Une sen­si­bil­ité qui s’accroît au fil du temps, surtout quand il décou­vre le rap dans la rue avec ses potes. Une enceinte, un télé­phone, des idées. Juste de quoi com­mencer à bal­ancer ses pre­miers textes. En 2017, il lâche son pre­mier son « Favaro ». Un flow plutôt mélan­col­ique, inspiré notam­ment par la drogue… et les ani­mes. Favaro Leone, chas­seur de primes pré­ten­tieux et beau par­leur du man­ga Shinge­ki no Bahamut : Geni­sis, vient servir de pré­texte à Zam­dane pour racon­ter ses pro­pres démons.

« La couleur de mon cœur est som­bre le fond de mon âme, quant à lui, est infect » – Mémoire

Côté sub­stances illicites, on reste loin d’une glo­ri­fi­ca­tion à la sauce High & Fines Herbes, l’émission du duo belge Caballero et Jean­Jass. Les références à la drogue vien­nent étay­er une nos­tal­gie expliquée par la dis­tance avec son pays d’origine. La soli­tude et le décalage entre la France et le Maroc, deux thèmes omniprésents dans ses pro­jets Affamé et 20’s sor­tis en 2018, suiv­is par Z en 2019. À Mar­seille, il met à prof­it sa pas­sion pour la musique en décou­vrant les stu­dios de la région.

Une manière de plonger dans une reli­gion bien par­ti­c­ulière qui entoure le quo­ti­di­en des phocéens : l’Olympique de Mar­seille. Il a été choisi pour représen­ter son club de cœur pour l’épisode 3 d’une série de freestyle cen­trée sur la ville et le bal­lon rond. Con­signe sup­plé­men­taire : le rappeur doit utilis­er cinq mots du champ lex­i­cal de l’OM et du foot­ball pour que son freestyle soit accep­té. Une déc­la­ra­tion d’amour qui lui a été par­ti­c­ulière­ment bien ren­due. Le son en ques­tion a été dif­fusé au Vélo­drome lors d’un Mar­seille-Amiens le 6 mars dernier. Une rela­tion don­nant-don­nant qui sem­ble donc fonc­tion­ner à merveille.

Son dernier titre en date, « Low », sor­ti le 30 jan­vi­er 2020 :

En atten­dant un éventuel nou­veau pro­jet en 2020 et pour aller plus loin:

https://www.thebackpackerz.com/interview-zamdane-le-rap-un-virus-que-tu-choppes-dans-la-rue/

http://www.onzemondial.com/ligue‑1/2019–2020/exclu-zamdane-marseille-c-est-l-om-et-jul-212073

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